La définition qui peut être retenue par les agronomes ayant travaillé avec et pour ces agriculteurs est celle proposée par Altieri (1995) : « L'agroécologie est la science de la gestion des ressources naturelles au bénéfice des plus démunis confrontés à un environnement défavorable. Cette science, de nature biophysique au sens large, porte ainsi sur l'accumulation de connaissances sur les fonctionnements des écosystèmes (cultivés). Elle conduit à la conception, à la création et à l'adaptation sous la forme participative de systèmes de culture complexes productifs et par suite attractifs malgré un milieu défavorable et malgré un recours très faible aux intrants... »
Bases écologiques
En pratiquant au mieux une agriculture de subsistance, les millions de petits agriculteurs dans le monde tropical , démunis en moyens de production, dépendent de la nature et mettent en oeuvre sans le savoir quelques uns des grands principes de l'agroécologie, cela sous réserve d'un environnement socio economique et environnemental supportable.
De nombreux agronomes, tout en adoptant l'approche agroécologique (voir encadré), considèrent que les systèmes de culture traditionnels ont leur propres limites et ne peuvent constituer une voie d'avenir pour l'agriculture durable du futur (Altieri, l995; Gliessman, l998) en raison de leur incapacité à produire suffisamment de biomasse pour assurer dans la durée un équilibre entre le besoin de nourriture et la nécessité de conserver la fertilité des sols...
Ce constat a été un des points de départ déterminant du développement des recherches sur les systèmes de culture annuels en semis direct sous couvert végétal SCV, tels que les agronomes du CIRAD les ont initié depuis 25 ans au Brésil en milieu chaud et humide, à la Réunion, en Côte d'Ivoire, à Madagascar et plus récemment au Vietnam, au Cameroun, au Laos, au Cambodge et au Mali...
Les recherches initiales- cf les prototypes système SCV dans le cadre de matrices expérimentales proposés par Lucien Séguy et al (1989 - 2004) ayant alors conduit à des résultats plus que prometteurs, leurs applications ont rapidement fait l'objet d'actions de R et D participatives (en fait une démarche scientifique proche de la recherche-action) dans le cadre de projets de développement rural mis en oeuvre à grande échelle (terroirs et territoires) par les grands bailleurs de fonds et les gouvernements progressivement convaincus de l'utilité sociale, économique et environnementale de cette approche agroécologique se concrétisant par une offre de SCV innovants et performants.
Commentaires
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| [ Résumé ] Le présent document est une traduction adaptée et enrichie du document en malgache destiné aux agriculteurs. Il constitue une aide pour les vulgarisateurs de terrainen apportant des réponses aux questions que les agriculteurs peuvent seposer sur le Semis direct sur Couverture Végétale permanente (SCV).Ce n'est pas un document méthodologique ni des fiches techniques, mais plus modestement un document de sensibilisation aux techniques SCV . |
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| [ Résumé ] Rice improvement is based to an increasing extent on ever-sharper genetic analysis to the detriment of classical breeding, which is disappearing. Analytical genetics are very promising, but they cannot replace integrated and Wnalized breeding. Little attention has been paid to improving participatory rice breeding methods for subsequent integration into sustainable cropping systems. Special methodological initiatives are required to ensure the success of this breeding-agronomy integration. This integration of inexpensive breeding methods has increased the biodiversity of rice: low temperature and drought tolerant upland rice varieties for mountain areas, and polyvalent varieties, which have the ability to grow in both rainfed or irrigated conditions, they are perfectly adapted to improved cropping systems and to beneWciaries’ needs and preferences. These preliminary results on this integration demonstrate that the present approach is relevant. |
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[ Résumé ] et si on avait sous-estime le potentiel de sequestration pour le semis direct? Quelles consequences pour la fertilite des sols et la production ? Les effets bénéfiques des systèmes de semis direct sur couverture végétale permanente du sol sur la qualité biologique des sols, de l'eau, peuvent être très rapides et positionner cette activité comme dépolluante et en ce sens, lui permettre de recueillir des aides de la société civile pour sa participation à la limitation de l'effet de serre, à la préservation des paysages, des infrastructures rurales et de la faune, pour la qualité de ses productions. Mais, ces scénarios ne sont réalistes et possibles que si les divers acteurs du développement sont capables, ouvrant de concert et in situ, de créer ces systèmes de culture du futur, plus performants à la fois, pour séquestrer le carbone, recycler les nitrates et les bases, dégrader les xénobiotiques (critères des scientifiques et de la société civile), et qui satisfassent aux critères de choix de l'agriculture durable et à ceux des agriculteurs (critères de faisabilité technico-économiques). Des méthodes systémiques de Recherche -Action efficaces existent pour la construction de ces scénarios d'agriculture durable et pour que tous les acteurs de la Recherche et du Développement puissent exercer ensembles leurs compétences au profit de tous : appliquons-les ! |
| [ Résumé ] l'Histoire agronomique qui est présentée dans ce document, raconte la construction d'une révolution technologique à la portée aussi bien des grandes agricultures modernes mécanisées, engagées dans la mondialisation, que des petites agricultures familiales, même les plus deshéritées. Céest l'histoire des techniques de Semis Direct, ou comment passer des systèmes destructeurs de la ressource sol, hérités du transfert Nord-Sud de technologies, solidement ancrées dans les pratiques traditionnelles, à des systèmes de gestion durable qui permettent de préserver totalement l'environnement et d'améliorer la capacité de production du patrimoine sol, à court, moyen et long termes, avec beaucoup moins de travail à l'hectare, une grande simplification des travaux agricoles, tout en ayant une flexibilité accrue dans leur exécution et une bien moindre pénibilité. Cette histoire agronomique est d'abord celle d'une méthodologie d'intervention de la Recherche, qui agit pour et avec les agriculteurs, dans leur milieu. Elle offre aux agriculteurs un très large choix de technologies et scénarios réels de développement, une vision, comparative au cours du temps, de leurs possibilités réelles agronomiques et technico-économiques, face aux systèmes traditionnels en vigueur. Elle permet aussi dans le même temps aux agronomes et aux chercheurs de toutes les disciplines de produire des connaissances scientifiques pour expliquer, prévoir le fonctionnement des écosystèmes cultivés, évaluer de manière anticipée par rapport à leur adoption par les agriculteurs les impacts sur l'environnement (érosion, qualité biologique des sols). Céest donc une démarche conceptuelle globale de Recherche-Action qui permet de mettre en regard : performances de production des systèmes, leurs modes de fonctionnement et impacts environnementaux, leurs limites d'application et possibilités d'extrapolation, dans une démarche préventive qui élabore des solutions réelles avec les agriculteurs, offre des choix stratégiques aux décideurs pour concilier les exigences de la société civile (impacts environnementaux, qualité et traçabilité des produits), des scientifiques (limitation de l'effet de serre, pollution des nappes et des cours d'eau, protection des infrastructures, ...) et les objectifs des agriculteurs et de l'agriculture durable en général. La démarche utilisée a comme priorité principale de construire, d'abord dans la pratique, mais aussi dans la théorie, les bases d'une véritable révolution agricole bâtie sur le nouveau paradigme du Semis Direct sur couverture végétale permanente des sols. Lorsquéelle est appliquée à des éco et agrosystèmes très différenciés de la planète, elle peut permettre d'identifier les lois essentielles de très large applicabilité du fonctionnement des systèmes de culture, pour promouvoir leur adaptation à très grande échelle. La d'marche montre également que, à l'amont de toute recherche thématique qui doit alimenter le progrès constant des systèmes de culture durables, il est impératif de bâtir d'abord une mod'lisation raisonnée in situ des systèmes de culture et d'en assurer ensuite la maOtrise pratique, rigoureuse dans leur conduite (la science doit être en connexion directe avec les réalités et possibilités agricoles d'aujourd'hui et de demain). A partir de cette démarche d'intervention, les signatures analysent les performances comparées des systèmes de culture pratiqués avec travail du sol et en Semis Direct, dans diverses grandes éco-régions du monde tropical. Les résultats obtenus attirent un certain nombre de conclusions de portée très générale :
Que soient chaleureusement remerciées les institutions qui ont contribué à construire ces nouveaux modes de gestion des sols, préservateurs de l'environnement : l'EMBRAPA (CNPAF) au d'part, la Fondation ABC du Paranü, les agriculteurs M. Matsubara, W. et J. Taffarel, les coopératives COOPERLUCAS, COOASOL et COMICEL du Mato Grosso, et plus récemment l'APDC, POTAFOS, et les partenaires direct du Cirad : les agriculteurs P. Machado, J. N. Lazarini, le groupe MAEDA et l'entreprise AGRONORTE PESQUISA. Un tel partenariat exemplaire montre comment diverses institutions, en unissant leurs efforts, peuvent, en peu de temps et avec des moyens souvent modestes, amorcer la construction d'une véritable révolution agricole, difficilement imaginable dans le seul cadre de la recherche traditionnelle. Céest une chance unique à saisir pour la recherche, si ses objectifs sont bien de contribuer à l'amélioration rapide, et avec tous les acteurs, de la gestion durable des ressources naturelles, dont son bien le plus précieux : le patrimoine sol. |
| [ Résumé ] Le semis direct n'est pas seulement un mode de gestion du sol différent, mais une philosophie d'exploitation durable de cette ressource sol, en complète harmonie avec la nature. En adoptant le semis direct, soit en rompant avec la tradition mécanisée des terres, l'agriculteur rentre dans une véritable école de formation dans la propre nature elle-même, puisque c'est elle qui, bien gérée, va lui fournir les bases renouvelables et praticables de ce système, au coüt le plus bas possible. La gestion des écosystèmes cultivés par le semis direct se révèle un outil très performant de professionnalisation continue de l'agriculteur. |
| [ Résumé ] Ce court article est la matière première d'une publication destinée à la revue de vulgarisation scientifique "Pour la Science" (article remis en juillet 1999). Après un bref historique du semis direct, sont abordés successivement : l'échec du transfert Nord-Sud des techniques de travail du sol pour la mise en valeur durable des sols ferrallitiques des fronts pionniers du sud de l'Amazonie, un nouveau concept de gestion des sols tropicaux inspiré du fonctionnement de l'écosystème forestier qui est né de cet échec, les divers systèmes de culture et d'élevage que nous avons construits sur ce modèle naturel. Ensuite, sont très rapidement exposées, les conséquences agronomiques et technico-économiques de l'utilisation du semis direct sur les performances des systèmes de culture. L'article rapporte en outre, les principaux impacts du semis direct dans le centre-ouest du Brésil : sur les modes de gestion des sols, sur la production de grains, sur l'élevage, sur l'évolution des sols et de l'environnement, sur les agriculteurs. Enfin, la question est posée de savoir si ces techniques peuvent intéresser l'agriculture française et quelques arguments solides sont avancés qui militent pour leur développement. |
