Le changement climatique
Le changement climatique n'affecte pas seulement les calottes polaires. Les écosystèmes cultivés sont aussi concernés en raison des modifications du climat attendues localement : modification des régimes thermiques, des régimes pluviométriques avec des conséquences encore mal estimées sur la croissance et le développement des plantes...
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L'approche agroécologique du problème du réchauffement climatique vise à rechercher les solutions agronomiques susceptibles de réduire les effets négatifs de ces évolutions. Les systèmes de culture en semis direct sous couvert végétal SCV protégent le sol, réduisent les pertes en eau par ruissellement et par évaporation. Elles constituent une voie de progrès. Il faut y ajouter leur impact à terme sur le stockage du carbone dans les horizons semi profonds. C'est une contribution locale des agricultures tropicales comme tempérées à la solution du problème global car planétaire que constitue l'acroissement du CO² atmosphérique responsable de l'effet de serre. Une agriculture plus écologique telle que les SCV pourra ainsi contribuer à limiter le réchauffement climatique si le monde rural décide de couvrir ses terres...
Impacts des SCV sur les sols et le stockage du carbone au Brésil - Cerrados.
(Extrait publication de Lucien Séguy et Al. 2004 )
La quantité et qualité de biomasse commande les fonctions agronomiques essentielles, la dynamique de leurs relations avec les cultures et leur capacité à transformer les propriétés physico-chimiques et biologiques du profil cultural .
Si les pertes en carbone sont toujours la règle en sol travaillé et monoculture (soja, coton) et peuvent être estimées sur 5 ans, entre -0,25 et -1,40 MgC.ha ¹.an¹ en fonction des conditions pédoclimatiques, les gains en carbone peuvent être aussi rapides que les pertes, et dépendent de la nature des SCV pratiqués ; Les systèmes en semis direct les plus efficaces à cet égard sont ceux qui utilisent des successions annuelles à base de « biomasses de couverture », très fortes pourvoyeuses de phytomasse (matière sèche aérienne et racinaire) telles que mils et sorghos associés à Brachiaria ruz., Eleusine coracana, Cynodon dactylon, espèces fourragères à croissance active en saison sèche en ZTH ; ils conduisent, même sur de courtes périodes de 3 à 5 ans, à recouvrer les taux de M.O. des écosystèmes originels, voire de les dépasser .
La séquestration annuelle de C, sur 3 à 5 ans, va de 0,83 à 1,50 MgC.ha¹.an¹ dans l'horizon 0-10 cm en fonction de la nature des SCV, mais peut atteindre 1,40 à 1,80 MgC.ha¹.an¹ dans l'horizon 10-20 cm, lorsque les espèces fourragères pourvues de systèmes racinaires plus puissants et profonds sont utilisées dans les successions annuelles en fin de saison des pluies (Brachiaria ruziziensis etBrachiaria brizantha, Eleusine coracana).
Ces résultats sont en accord avec ceux obtenus par Corraza E. J. et al. (1999) dans les Cerrados du Centre Ouest brésilien, ceux de Cerri C.C. et al. en Amazonie (1992) et ceux de João Carlos Moraes de Sá (2004).
Les systèmes racinaires les plus résistants à la minéralisation sont ceux qui sont entourés de manchons importants de micro agrégats qui protègent la M.O. (polysaccharides, ndomycorhizes vésiculo -arbusculaires, polyphénols), tels qu'en possèdent l'espèce Eleusine coracana, cultivée pure ou en association avec des légumineuses pivotantes (Cajanus cajan), ou le genre Brachiaria associé aux pompes biologiques recycleuses telles que mil et sorgho, Cajanus cajan.
L'augmentation de la M.O. en surface accroît la résistance des micro agrégats et la protection des M.O. ; ces M.O. augmentent la stabilité des agrégats où elles se trouvent, et les agrégats plus stables, à leur tour, protègent les M.O. qui y sont incorporées, établissant ainsi des relations réciproques entre dynamique de la M.O. et stabilité de l'agrégation (autorégulation, autoprotection).
Commentaires
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| [ Résumé ] Ce petit article sur la capacité de sols à séquestrer le carbone en fonction de modes différenciés de gestion des sols et des cultures, fait suite aux premiers résultats réunis dans le document (et CD) de 2003 «Et si on avait sous-estimé le potentiel de séquestration du carbone pour le semis direct ? Quelles conséquences pour la fertilité des sols et la production ?» - L. Séguy et S. Bouzinac. Il est utile de rappeler que dès les années 1996 (1), nos travaux de recherches systémiques mettaient déjà en évidence les preuves de la capacité de séquestration de C très élevée des sols sous SCV dans de nombreuses écologies tempérées et tropicales ; depuis, la poursuite de ces travaux[1] a confirmé et précisé à l’échelle du réseau SCV tropical que les intervalles de séquestration étaient déterminés par la quantité et à la qualité (nature) des entrées carbonées annuelles dans le système Sol – Plante, quelles que soient les conditions pédoclimatiques. L’IRD, associé dès le début des années 2000 à ce travail d’évaluation des capacités de séquestration de C, à partir d’échantillons de sol provenant de nos matrices pérennisées «systèmes de culture très contrastés» sur le réseau tropical SCV (UR1), a confirmé ces résultats (la valeur de C séquestré de 1,7 t /ha/an en zone tropicale humide dans le sud de l’Amazonie en écologie forestière en est un exemple éloquent[2]). Des résultats très récents, exposés dans le document « La symphonie inachevée du semis direct dans le Brésil central », 2008 , L. Séguy, S. Bouzinac et al., reprécisent, à la fois, les intervalles des pertes en carbone(C) sous travail plus ou moins intensif du sol et des gains dans des SCV bâtis sur une multifonctionnalité croissante des couverts végétaux et établit de manière rigoureuse des corrélations hautement significatives entre productivité des cultures et stock de Carbone dans des SCV de plus en plus écologiques et entre Stock de C et les principaux attributs physico-chimiques des sols, pour une large gamme de texture des sols ferrallitiques de la ZTH du Brésil central. Ce petit article, évalue, lorsque la rigueur d’échantillonnage le permet, la capacité de séquestration de C de quelques sols de Touraine et du Berry soumis à des systèmes de culture contrastés, sur une période de 6 à 15 ans suivant les parcelles. [1] Cf. docs : La symphonie inachevée du semis direct dans le Brésil central, 2008, L. Séguy, S. Bouzinac et Al., et Saga Sebotas, 2009, S. Bouzinac, J. Taillebois, L. Séguy et Al, site www.agroecologie.cirad.fr [2] M. Siqueira Neto. , A .S. Perrin, M. Bernoux , et al |
[ Résumé ] Le système SCV, soit le semis direct sans travail de perturbation du sol associé à la rotation de cultures combinées avec des plantes de couverture produisant en permanence de la phytomasse conduit le sol cultivé à fonctionner en mode puits (drainage) plutôt qu'en mode source ( émission) de CO2. Au niveau global, ce service rendu à l'environnement ne pourra à terme être ignoré. A l'échelle locale, la protection de la MOS à l'intérieur de néo-agrégats constitue la composante clé générique de la résilience des systèmes SCV. Pour l'agriculteur de demain au Brésil, la gestion de la Matière Organique du Sol peut raisonnablement être considérée comme la base d'une stratégie gagnante qu'autorisent ces modes de gestion des cultures dans la mesure ou il a été démontré à grande échelle qu'ils assurent par ailleurs la viabilité et la durabilité de l'exploitation agricole. |
| [ Résumé ] Le rythme d'adoption des SCV en petite agriculture, en tant que nouveau paradigme, serarelativement lent et se fera à l'échelle de une ou deux générations. Les effets néfastes duchangement climatique apparaîtront avec un rythme comparable. Raison majeure pouraccélérer la diffusion là où les SCV ont déjà été implantés et pour commencer le plus tôtpossible ailleurs. |
[ Résumé ] et si on avait sous-estime le potentiel de sequestration pour le semis direct? Quelles consequences pour la fertilite des sols et la production ? Les effets bénéfiques des systèmes de semis direct sur couverture végétale permanente du sol sur la qualité biologique des sols, de l'eau, peuvent être très rapides et positionner cette activité comme dépolluante et en ce sens, lui permettre de recueillir des aides de la société civile pour sa participation à la limitation de l'effet de serre, à la préservation des paysages, des infrastructures rurales et de la faune, pour la qualité de ses productions. Mais, ces scénarios ne sont réalistes et possibles que si les divers acteurs du développement sont capables, ouvrant de concert et in situ, de créer ces systèmes de culture du futur, plus performants à la fois, pour séquestrer le carbone, recycler les nitrates et les bases, dégrader les xénobiotiques (critères des scientifiques et de la société civile), et qui satisfassent aux critères de choix de l'agriculture durable et à ceux des agriculteurs (critères de faisabilité technico-économiques). Des méthodes systémiques de Recherche -Action efficaces existent pour la construction de ces scénarios d'agriculture durable et pour que tous les acteurs de la Recherche et du Développement puissent exercer ensembles leurs compétences au profit de tous : appliquons-les ! |

developpés le systèmes du scv dans les domaine de toutes exploitation agrigole dans le monde
dramane diallo
Mardi 02 Mars 2010 13:08:42